« Le diable est dans les détails »
Signification
Il ne faut jamais négliger les détails car ils peuvent être source de désagréments importants.
Origine
Cette expression nous viendrait, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de Friedrich Nietzsche qui, probablement parce qu'il ne parlait pas couramment le swahili, l'a exprimée en allemand « Der Teufel steckt im Detail ».
Même si le diable y est cité, point n'est besoin de discuter de l'éventuelle dimension religieuse ou philosophique de cette expression, car une chose est sûre et constamment vérifiée : il suffit parfois du moindre détail mal géré dans un vaste projet pour risquer de le faire complètement échouer.
Et, compris simplement, c'est bien ce que Nietzsche voulait dire, notre cher ami le diable étant ici considéré comme celui qui prendrait un malin plaisir à provoquer les nombreuses difficultés à même de faire capoter le projet ; il est toujours là, en embuscade, prêt à profiter de la moindre faiblesse pour en empêcher la bonne réalisation.
Une autre forme de détail pernicieux est, par exemple, la petite note de bas de page d'un contrat, écrite en tout petits caractères, note que personne ne lit avant de signer, alors que, pourtant, elle restreint fortement les cas d'applications décrits dans le document. Et ce n'est qu'une fois qu'on a besoin de faire appliquer les termes du contrat, qu'on nous met le nez sur ce petit détail en apparence insignifiant auquel on aurait pourtant dû porter beaucoup plus d'intérêt.
Les non-dits, les imprécisions, les termes interprétables d'un document peuvent aussi être de ces fameux détails qui auront plus tard un effet « diabolique ».
On peut noter que la version opposée existe, formulée par d'autres (l'architecte Ludwig Mies van der Rohe
, au moins) : « Gott steckt im Detail » ou « Dieu est dans les détails ». Cette fois l'expression signifie qu'une œuvre n'est accomplie et belle que grâce à la qualité de ses détails.
Mais pour cette expression-là, il n'a jamais prétendu qu'ainsi parlait Zarathoustra.
Exemple
« Cependant, en l'état actuel de sa rédaction, il laisse dans l'ombre un grand nombre de choix politiques cruciaux quant aux modalités de mise en œuvre. Le diable est dans les détails. Le seuil et le taux d'intérêt retenus (taux zéro ou taux du marché), le degré d'implication de l'État et des banques (si elles sont acteurs du dispositif) peuvent conduire à des résultats très différents en terme d'équité. »
Le Monde - Article du 20 novembre 2009

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