« Couper la poire en deux »
Signification
1. Partager / répartir équitablement quelque chose
2. Décider un compromis
Renoncer à une partie de ses prétentions
Origine
Cette métaphore est limpide : partager en deux quelque chose et en donner une moitié à chaque partie, c'est bien répartir cette chose équitablement, la répartition jugée acceptable par les deux parties pouvant venir d'une décision volontaire de partager mais aussi résulter d'une négociation suivie d'un compromis ou encore de la décision d'une partie de renoncer à des prétentions trop importantes.
Cependant, on peut très légitimement se demander pourquoi la poire au lieu de la pastèque ou du mammouth.
Pour ce dernier on le comprendra aisément car il est plutôt rare de nos jours d'en trouver sur les étals de nos marchands[1]. Mais à la place de la poire on aurait pu choisir beaucoup d'autres choses. Alors pourquoi ce fruit ?
Cette expression ne semble apparaître dans la littérature qu'après les années 1880. Or, 1882 est l'année qui a vu la publication, par messieurs Félix Galipaux et Lucien Cressonnois, d'une saynète où discutent deux personnages et intitulée « la poire en deux ». Les deux personnes, le monologueur et le récitateur, sont sur une scène et se disputent le fait de pouvoir déclamer chacun leur texte qui est en vers. Après quelques échanges, l'un propose à l'autre de « couper la poire en deux » et de réciter chacun leur tour quatre de leurs vers. Ils finiront par se séparer sans avoir dit leur texte.
Est-ce cette saynète qui est à l'origine de l'expression ou, plus probablement, est-ce que c'est l'expression, apparue un peu avant, qui a donné son titre à la saynète ? Nul ne semble le savoir.
Toujours est-il que, maintenant, si vous dites à quelqu'un « coupons le kiwi en deux », il vous regardera d'un œil éberlué.
Mais cela pourrait ne pas durer, puisque quelques scientifiques apprentis sorciers nous annoncent actuellement travailler à la renaissance de l'animal à partir d'ADN de mammouth retrouvé congelé et en très bon état il y a quelques années dans la toundra sibérienne.
Exemple
« Pour la première fois, lundi 22 juin, un président de la République s'exprimera devant les députés et les sénateurs réunis en Congrès à Versailles. Si les communistes et les Verts ont décidé de boycotter cette "mascarade", ce "simulacre de démocratie", les socialistes, eux, se sont résignés, après de douloureux débats internes, à couper la poire en deux : ils écouteront le discours de Nicolas Sarkozy, mais refuseront de lui répondre et quitteront l'hémicycle en même temps que lui. »
Le Monde - Article du 18 juin 2009
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